Le marché d’occasion s’enlise, les voitures neuves reprennent des couleurs
Le marché d’occasion continue de broyer du noir. Pour le huitième mois consécutif, les chiffres s’affichent en rouge. En septembre, les statistiques ont plongé plus profondément, de quelque -13,6% comparés à 2021 et -9,7% par rapport à septembre 2020. Le mois dernier, il s’est immatriculé 53.111 occasions, soit une chute de pas moins de 8.357 unités comparées à septembre 2021. Sur les neuf premiers mois, le marché d’occasion recule de -11,0%, avec une perte cumulée de quelque -60.095 véhicules par rapport à l’an passé. Volkswagen reste en tête des marques d’occasion les plus populaires, suivie de BMW et Opel tandis qu’en septembre Peugeot s’est classée devant Mercedes.
Le marché des voitures de tourisme neuves semble connaître une relance. Pour le deuxième mois d’affilée, les statistiques arborent le vert. En septembre, il s’est immatriculé 31.025 véhicules neufs, soit une hausse de +16,8%. Pris sur les neuf premiers mois, les statistiques restent négatives et accusent un recul de -10,2% comparées à 2021. Reste à attendre si cette tendance à la hausse se poursuivra dans les prochains mois.
UNE AUTRE HISTOIRE AU MARCHÉ DE L'OCCASION
Avec le marché de l'occasion, cependant, les choses sont moins positives. Filip Rylant, porte-parole de TRAXIO, a rapporté ce qui suit: “Après les statistiques positives de 2021, nous constatons que le marché d’occasion des voitures de tourisme traverse, mois après mois, des temps difficiles. Pour le huitième mois d’affilée, les immatriculations de septembre ont chuté de -13,6% à 53.111 unités, ce qui signifie que le marché a régressé de -11,0% sur les neuf premiers mois de l’année. La différence avec l’an dernier s’élève déjà à 60.095 unités. L’accroissement considérable de la longévité, la crise énergétique, la menace sécuritaire à l’Est, et cetera. sont autant de facteurs qui influencent défavorablement la confiance du consommateur, ce qui impacte à son tour le passage en showroom et, par conséquent, les intentions d’achat. La raréfaction de l’offre d’occasions récentes au kilométrage limité envenime encore la situation, de sorte que les prix dans ce segment restent élevés."
Les conclusions sur le nouveau marché ont trouvé Rylant remarquable: "Il est frappant que le marché du neuf réalise un score positif pour le deuxième mois consécutif, ce qui fait que sur les neuf premiers mois de l’année, en pourcentage, le marché des véhicules neufs tire mieux son épingle du jeu que les occasions: -10,2% sont des véhicules neufs contre -11,0% des occasions. En chiffres absolus, le marché d’occasion demeure 72% plus important que les voitures neuves dont il ne s’est immatriculé que 281.490 unités contre 484.531 d’occasions."
"Les statistiques positives des véhicules neufs peuvent s’expliquer par la hausse des livraisons depuis le mois d’août. Mais il est prématuré d’affirmer qu’on a atteint un point de revirement. Tant le Groupe Stellantis que le Groupe VW a annoncé ces derniers jours qu’il ne faut pas s’attendre à une normalisation de la crise des semi-conducteurs avant la fin de 2023. Or c’est justement cette disponibilité limitée de semi-conducteurs qui constitue un des motifs principaux au recul de la production et des livraisons de véhicules neufs."
Détails voitures de tourisme d’occasion
Volkswagen et BMW restent en tête des marques de voitures d’occasion les plus vendues devant Opel tandis que Peugeot et Mercedes jouent à saute-moutons dans le Top 5. En septembre, les modèles le plus populaires étaient une fois encore la VW Golf (2.402 unités) et VW Polo (1.866 unités), suivies des BMW série 3 (1.422 unités), Ford Fiesta (1.266 unités) et Renault Clio (1.225 unités).
Quant aux voitures d’occasion, nous constatons que le recul des modèles diesel se poursuit, ce qui creuse la différence à l’avantage des modèles essence: essence 52,5% contre diesel 40,0%. La part des autres carburants croît lentement mais reste relativement faible pour l’instant avec un total de 7,5%. La part des véhicules hybrides (c-à-d. tout type de voitures électrifiées à moteur thermique et assistance électrique, autrement dit tant les voitures hybrides ordinaires que les voitures rechargeables et les mild hybrids) augmente à 5,5%, tandis qu’il s’est immatriculé 1,5% de modèles 100% électriques sur le marché d’occasion.
Des proportions bien différentes que celles des immatriculations de voitures de tourisme neuves où les véhicules électriques représentent entre-temps quelque 42,8% (16,8% HEV mild hybrids inclus; 15,4% PHEV et 10,6% full EV) des ventes et les diesels seulement 15,2% des livraisons. Signalons que la percée des véhicules hybrides et électriques étant assez récente sur le marché neuf, leur part sur le marché de l’occasion demeure par conséquent modeste. Mais sur le marché total, cette part devrait croître mois après mois.
Le marché d’occasion est principalement une activité particulière. Pas moins de 89% des immatriculations sont le fait de particuliers tandis que la part des voitures de société d’occasion se limite à 10%. Les vendeurs d’occasion précisent que les entreprises débutantes optent plus volontiers pour une voiture d’occasion et qu’elles montrent souvent de l’intérêt pour les hybridations d’occasion.
Traditionnellement, avec 53%, la Flandre est la région la plus importante en matière d’immatriculation de voitures de tourisme d’occasion, situation identique à l’an passé, tandis que la Wallonie perd 1% (37 %) et Bruxelles en gagne 1 (10%).
