Moins de voitures de société, mais plus chères
L’électrification progresse, les achats sont reportés
Le nombre de nouvelles voitures de société achetées par les employeurs et les dirigeants d’entreprise belges a de nouveau fortement diminué en 2025. C’est ce qui ressort d’une analyse de SD Worx, basée sur les données salariales de plus de 36.000 employeurs, 70.000 dirigeants d’entreprise et les chiffres récents de l’ONSS.

Selon les chiffres provisoires, le volume de nouvelles voitures de société a reculé d’environ 50% par rapport à 2024, tant chez les employeurs que chez les dirigeants d’entreprise. Les chiffres définitifs pourraient encore légèrement évoluer.
Des achats différés et des contrats prolongés
Chez les dirigeants d’entreprise, la tendance baissière observée en 2024 se confirme. Cette année-là, le nombre de nouvelles voitures de société avait déjà chuté de 32% par rapport à 2023. En 2025, le recul est encore plus marqué.
Les motorisations diesel et essence sont devenues marginales, mais les véhicules électriques et hybrides sont eux aussi moins souvent acquis à l’état neuf. Cette évolution s’explique notamment par la prolongation des contrats de leasing existants, liée aux modifications du régime de déductibilité à l’impôt des sociétés, un phénomène également observé chez les employeurs.
Des véhicules plus chers, mais moins émetteurs
Malgré la baisse des volumes, l’investissement par véhicule continue d’augmenter. Chez les employeurs, la valeur catalogue moyenne passe de 45.874 euros en 2024 à 48.938 euros en 2025, soit une hausse de 7%. Chez les dirigeants d’entreprise, l’augmentation est de 2%. La valeur catalogue moyenne d’une voiture de société électrique atteint 71.822 euros.
Parallèlement, les émissions moyennes de CO2 des nouvelles voitures de société poursuivent leur baisse, principalement grâce à la part croissante des véhicules 100% électriques. Depuis juillet 2024, ceux-ci ont dépassé les voitures à essence (y compris hybrides) en nombre.
Selon Valérie t’Serstevens, experte en mobilité chez SD Worx, la voiture de société reste un levier essentiel pour la transition énergétique du parc automobile belge, malgré la contraction du marché.

Secteurs les plus concernés
En chiffres absolus, les secteurs comptant le plus grand nombre de travailleurs disposant d’une voiture de société sont:
- le commerce de gros et de détail, y compris la réparation automobile;
- l’industrie;
- les activités scientifiques et techniques;
- les TIC et la consultance;
- les services financiers et les assurances.
Ces secteurs représentent ensemble 72% des travailleurs bénéficiant d’une voiture de société. En y ajoutant la construction, on atteint près de 80% du total.
Rapportée à la taille des secteurs, la probabilité de disposer d’une voiture de société est la plus élevée dans l’industrie alimentaire, chimique, métallurgique, la logistique et certains services de santé.
Électrification et budget mobilité
L’industrie arrive en tête pour le nombre absolu de voitures de société électriques, suivie par les activités scientifiques et techniques, le commerce, les TIC et les services financiers.
Le budget mobilité fédéral est principalement utilisé dans des secteurs à forte intensité de connaissances, tels que les activités scientifiques et techniques, les TIC, les services financiers et le secteur de l’énergie, où la transition vers des solutions de mobilité alternatives est la plus avancée.
